Dieu à la première place
Enfant, je suis né en 1961 dans une famille catholique, dernier de neuf enfants. Mon père a été enfant de chœur dans ses jeunes années, ma mère quant à elle, a été élevée durant toute sa jeunesse en internat par des religieuses. La croyance de mes parents était basée sur l’enseignement religieux qu’ils avaient reçu et ne pratiquaient que très peu. Mes parents m’ont donc fait passé bébé par « la case baptême » puis enfant par « la case communion ».
Dès mon enfance, croire en Dieu était une évidence, Dieu existait. Je ne sais pas pourquoi mais j’aimais Dieu fermement, et plus j’avançais en âge, plus je voulais plaire à Dieu, pourtant sans connaitre vraiment Dieu sauf au travers de quelques belles histoires de l’évangile qui m’avait été contées lors de l’enseignement du catéchisme. Durant ma retraite de préparation à la communion, un livre de valeur m’avais été donné : « Les Quatre Evangiles ».
Mon enfance était donc d’une part, une quête constante et un exercice pour essayer de faire ce qui est moralement bien dans le but de devenir un exemple pour les autres. D’autre part, je comparais ma foi d’enfant et de jeune qui voulait plaire à Dieu, à la foi des autres jeunes et des adultes qui m’entouraient.
Dans ma famille, je ne voyais pas de foi. Une croyance en Dieu, oui, mais pas de foi. Même dans les établissements d’enseignements catholiques que je fréquentais, je ne voyais pas ou très peu de foi en Dieu. Dès que j’avais l’occasion d’entendre parler de Dieu, cela m’intéressait.
Dans mon adolescence, à une époque où il n’y avait pas d’ordinateur, pas de téléphone portable, pas même de téléphone fixe dans les maisons, un radio-réveil m’a été offert. C’est par le biais de ce radio-réveil que l’évangile est entré dans ma chambre. Sur les Grandes Ondes, à 5h00 du matin, Radio-Télévision-Luxembourg (RTL) diffusait une émission chrétienne intitulée « Viens et Vois ». Pour la première fois j’entendais l’évangile, la bonne nouvelle de Jésus-Christ être annoncée par des gens qui, me semblait-il, croyaient vraiment en Dieu pour le coup.
À un âge où les adolescents font la grâce matinée jusque 10h du matin minimum. Très jeune je mettais donc mon réveil à 5h du matin dans le seul but d’être à l’écoute de l’évangile. La recherche de Dieu devenait de plus en plus profonde en mon cœur, sans savoir comment vraiment rencontrer ce Dieu véritable que j’aimais sans même le voir.
Curieusement, dans le cadre de mes études pour devenir Dessinateur Industriel, vers 17ans, je parlais à mon entourage de ma foi en Dieu dès que j’en avais l’occasion. Dans ma section, un camarade musulman avec une approche puriste du Coran appréciait ma foi au point de m’appeler « frère » et il s’est mis à me parler du Coran.
L’approche du Coran me plut assez rapidement car selon les écritures coraniques, pour plaire au dieu du Coran, il suffisait de mettre en application les sourates. Mais pas de foi, juste de la mise pratique des sourates et le tour est joué. J’ai donc souhaité avoir un Coran pour le lire et pourquoi-pas, me tourner plus sérieusement vers l’Islam. Après-tout, le Dieu que je cherchais était-il le Dieu des musulmans, celui des juifs ou celui des Chrétiens ?
Mon ami m’a dit que le Coran ne devait pas se lire en Français mais uniquement en Arabe. J’ai donc fait des efforts importants pour apprendre l’Arabe que m’enseignait chaque jour mon ami afin qu’à terme je puisse lire le Coran en arabe selon la coutume. Au bout d’un certain temps d’apprentissage, j’ai eu un éclair de lucidité… Je me suis dit : « Pascal, tu fais des efforts pour lire le Coran en Arabe alors que tu n’as même jamais lu la Bible en Français ».
Mais, que le jeune homme que j’étais lise la Bible, en 1978 cela pouvait paraitre une idée curieuse. Pour ne pas susciter la curiosité de mon entourage, sans en parler à quiconque même pas à mes parents, j’ai pris mon argent de poche, je suis allé dans une importante librairie et je me suis acheté une grosse Bible.
Au plus profond de moi, j’étais convaincu que la Bible était vraiment le livre de Dieu, la Parole de Dieu. Je suis donc rentré chez moi sans en parler à mes parents. Dans ma chambre, j’ai vidé un tiroir de ma table de chevet pour y déposer ma Bible, sans la souiller avec quoi que ce soit d’autre qui puisse m’appartenir.
De suite, à 17 ans, j’ai fait cette prière à Dieu : « Mon Dieu, je te fais cette promesse, à partir d’aujourd’hui je lirai un chapitre de la Bible par jour et je mettrai en pratique ce que j’y lirai ». Le soir même, je lisais le premier chapitre de la Genèse avec cette conviction que Dieu pouvait me parler à travers son saint livre.
Je n’ai pas toujours tenu ma pieuse promesse à la perfection, mais la soif de Dieu et l’intérêt pour la lecture de sa Parole la Bible ne m’a jamais quitté. Au même moment, j’obtiens mon diplôme de Dessinateur Industriel, et je fais la rencontre d’Isabelle qui quelques temps plus tard deviendra mon épouse.
Dès le départ Isabelle se déclare athée. Comme je m’intéressai à Dieu au travers de sa Parole, Dieu de son côté s’intéressait aussi à moi. Dieu m’a offert mon premier emploi sans même que je fasse une seule démarche. Je suis entré dans la vie professionnelle active ; me voilà Dessinateur Industriel en Juillet 1980. Ma relation avec Isabelle évolue. Y a-t-il un plan de Dieu pour ma vie avec quelqu’un qui se dit athée ?
Vient le moment de se poser les questions : Pouvons-nous faire notre vie ensemble ? Si Oui, sur quelles bases ? J’ai donc proposer cette base pratique pour savoir si Isabelle était prête à faire sa vie avec moi. J’ai dit à Isabelle : « Si tu veux que nous nous unissions pour la vie, je ne te demande pas de croire en Dieu, mais je te demande d’accepter de lire ensemble un chapitre de la Bible par jour et de mettre en pratique ce que nous y lirons ? ». Sans le savoir, Dieu dirigeait déjà notre vie, et comme l’amour était là, Isabelle a accepté sans difficulté cette exigence.
Pour être totalement clair avec Isabelle, je lui ai fait cette précision : « Ce sera toujours Dieu en premier et toi en second » Isabelle l’accepta aussi. C’était maintenant en plein accord que nous étions prêts à nous engager mutuellement. Nous nous sommes unis et nous sommes mariés en 1981. Après la naissance d’une fille : Cécile, un garçon : Benoît, est accueilli à son tour dans notre foyer.
Voilà que vers 6 mois notre fils contracte une forme sévère de salmonellose. A l’époque cette maladie était la cause de décès d’une vingtaine de personnes rien qu’à l’hôpital de Roubaix, tuant les plus vulnérables, des bébés ou des personnes âgées. Nous soignons notre fils au mieux sans pouvoir le guérir. Nous voyons un médecin, pas de guérison. Un deuxième médecin, mais pas de guérison. Un troisième médecin et toujours pas de guérison… Notre fils Benoît ne grandit pas, il ne se développe pas, son état général se dégrade chaque jour un peu plus, laissant entrevoir un avenir funeste…
Dans l’entreprise ou je travaille alors, une jeune fille, Sylvie, est embauchée comme dessinatrice et je travaille en sa présence. C’est la première femme dessinatrice de l’entreprise. Sans lui parler, je l’observe et fais ce constat : « Cette fille n’est pas comme les autres ! » je ne sais pas pourquoi, mais je savais que cette fille n’était pas comme les autres. (C’était une révélation que Dieu me faisait). Alors que je ne lui avais jamais adressé la parole je suis allé la voir et lui ai demandé immédiatement : « Est-ce que tu as déjà lu la Bible ? ». Sylvie m’a regardé avec de grands yeux ronds et m’a dit qu’elle était Chrétienne Protestante Evangélique.
Je lui ai parlé de la santé très fragile de notre fils Benoît et que les médecins n’arrivaient pas à le guérir, et Sylvie m’a dit que conformément à la Bible, dans son église les chrétiens croyaient que Jésus était toujours le même et comme on voit Jésus guérir les malades dans les Évangiles, Jésus guérit encore aujourd’hui. Le pasteur prie pour les malades au nom de Jésus et la volonté de Dieu se réalise comme il veut.
Après avoir parlé à Isabelle de cette rencontre et de l’action possible de Jésus, un dimanche soir nous sommes allés à l’église. Le pasteur a demandé à ceux qui était malades et qui croyaient que Jésus pouvait les guérir de s’avancer pour prier pour eux. Mon épouse s’est approchée avec notre fils de moins d’un an dans ses bras et le pasteur a prié pour lui au nom de Jésus en précisant que c’est Jésus qui guérit et non lui-même.
Au soir, la moitié des symptômes avaient disparu, et au matin notre fils était totalement guérit après plus de six mois de maladie virulente. Un vrai miracle s’était réalisé par la puissance de Dieu. Nous savions maintenant que le Dieu de l’évangile était vivant et que c’était vrai : Jésus guérit encore aujourd’hui et qu’il est le seul qui pardonne nos péchés.
Suite à ce miracle, Isabelle a ouvert les yeux sur l’amour et la puissance de Dieu et a donné sa vie au Seigneur Jésus après avoir demandé pardon pour ses péchés. Après avoir été convaincu de péché, je me suis aussi donné à Dieu pour le servir toute ma vie un maximum.
Un an après, le 8 Avril 1984, Isabelle et moi nous sommes fait baptiser par immersion conformément à l’enseignement de Jésus dans les évangiles. Sauvés par sa Grâce Divine pour le servir était pour nous une évidence. Notre engagement profond n’a jamais cessé pour notre Dieu. Nous avons connu des hauts et des bas, des joies et des peines, mais Dieu est toujours resté fidèle.
Nous en rendons gloire à Dieu.




