Dieu change les cœurs
Ma vie avant Christ
Bonjour, je m’appelle Julien, et si je prends la parole aujourd’hui, c’est pour dire combien Dieu est grand et combien Jésus est mon Sauveur.
Dans Job 9.11, il est écrit : « Voici, il passe près de moi et je ne le vois pas ; il passe à côté et je ne l’aperçois pas. » Pendant longtemps, cette phrase a résumé ma vie : Dieu était là, mais moi, je ne le voyais pas. J’ai vécu près de quinze ans rempli de colère et de haine ; aujourd’hui, c’est l’amour de Christ qui me remplit, béni soit son nom. Jésus est devenu mon refuge et mon appui : je n’avance plus avec la même crainte, parce que j’ai l’espérance d’une éternité avec lui, dans son royaume.
Avec le recul, je comprends que le Seigneur ne m’a jamais abandonné. C’est moi qui étais aveuglé, enfermé dans mes ténèbres.
Je suis né en 1980. J’ai grandi dans une famille tout ce qu’il y a de plus normale, dans une cité en Île-de-France. J’ai été baptisé dans la religion catholique, j’ai fait le catéchisme, du scoutisme, puis ma première communion vers mes 10 ans, mais au fond de moi il restait un vide : je n’avais pas de relation avec Dieu.
À l’école primaire, j’avais de très bonnes notes ; on me disait poli et intelligent, mais je n’étais pas intégré, pas sportif, pas très fort, pas vraiment courageux, et je suis devenu la tête de turc des autres élèves. Au collège, rien ne change au début, jusqu’à cet épisode qui m’a marqué : un voyou m’étrangle en criant que mon père est Hitler, qu’il doit crever, que ma mère est une femme de petite vertu, et que moi, ils vont me faire la peau. J’ai grandi dans la peur et la honte : peur des étrangers et des cités, honte de ma faiblesse, et honte aussi de mes parents, pourtant loin de tout cela.
Plus tard, mon grand frère m’emmène au Parc des Princes, en tribune de Boulogne, dans un milieu de nationalistes, skinheads et hooligans. J’y découvre une ambiance virile et fraternelle, presque “familiale”. Après un match, une bagarre éclate : pour la première fois, je ne me sens plus victime ; un grave incident ensuite, très médiatisé, accélère encore ma bascule. À 15 ans, après une défaite du PSG, je suis en première ligne : je frappe, et ce soir-là, policiers comme étrangers subissent ma bêtise. Je me rase le crâne, j’adopte le look skinhead, je me mets au sport, je deviens raciste et violent ; certains autour de moi approuvent. Le lycée devient une suite de bêtises (notes au plus bas, bagarres, convocations), puis à 18 ans l’alcool et la drogue s’installent, jusqu’à l’intervention de mon frère et une remise en question. Ma scolarité est ratée : je passe à la vie active. Pendant dix ans, je fréquente cette tribune, je me fais un nom et je deviens important dans le groupe ; on se croyait différents des “voyous”, une élite prête à se battre partout, nationalistes, racistes, xénophobes, tout en refusant les étiquettes politiques et en utilisant des références à la Seconde Guerre mondiale, pour choquer ou par conviction.
Dieu me rejoint et me relève
Dans le même temps, un peu après mes 21 ans, je rencontre pendant une formation une personne merveilleuse, qui deviendra ma femme : Carine, avec sa très jeune fille à l’époque, Marine. Malgré mes défauts, mon look, ma haine et ma violence, elle m’accepte tel que je suis et m’ouvre la perspective d’un futur meilleur. Lors d’un de nos premiers dîners en amoureux, elle me dit qu’avec le temps je mettrais de l’eau dans mon vin, et que ma haine partirait.
Dans Psaume 136.23-24, il est écrit : « Qui, dans notre bas état, s’est souvenu de nous, car sa bonté demeure à toujours. Et nous a délivrés de nos ennemis, car sa bonté demeure à toujours. » Avec le recul de la foi, je crois que Dieu a mis Carine sur ma route comme une main patiente et ferme, capable de m’influencer plus que n’importe qui. Mes ennemis s’appelaient haine, colère, violence… et Jésus les a vaincus, pour les remplacer, peu à peu, par l’amour, la paix et la tranquillité.
Mais le chemin a été long, d’autant que ma femme portait ses propres blessures. De mon côté, j’ai été souvent abîmé : j’ai failli perdre un œil et j’ai connu la justice des hommes lors d’un procès, dans ma 25e année. À cette époque, j’apprenais aussi à être un bon père pour Marine, en lui donnant amour et éducation, tout en essayant de cacher que son beau-père rentrait parfois le soir en sang ou cabossé.
Dieu ouvre des portes que personne ne peut refermer ; encore faut-il décider de les franchir. Ce procès a été une porte : soit je la refusais et je m’enfonçais encore, soit je faisais un premier pas. Le but annoncé était de faire tomber les futurs leaders que nous étions, car nous cherchions à regrouper différents gangs en une seule entité, avec des liens réels avec des groupes et associations politiques d’extrême droite. J’ai été condamné, et j’en ai profité pour prendre du recul avec le milieu hooligan : depuis, je n’ai plus remis les pieds dans une tribune populaire avec l’espoir de me battre. Merci Seigneur.
Je continuais ma vie de jeune papa ; pendant que d’autres, à mon âge, vivaient surtout fêtes et relations sans suite, j’avais déjà Marine à charge, et je la considère comme ma fille. Un an plus tard, peu après l’appel de Dieu pour ma femme, nous nous sommes mariés et nous avons voulu un enfant ensemble, sans succès. Nous nous étions promis de rester unis, de favoriser nos enfants et notre couple, quels que soient les événements. Pourtant, les démons du passé n’étaient pas loin : j’avais encore cette rage, ce besoin de me battre, au travail ou dans les transports, sous n’importe quel prétexte. Le nationalisme a la peau dure ; mais, comme Carine me l’avait dit, Dieu fait les choses en son temps, et je devenais moins belliqueux.
Pendant ce temps, Carine découvrait la foi — parfois dans la difficulté. Nous échangions, sans être toujours d’accord, mais comme nous avons toujours tout partagé, j’apprenais aussi, un peu, avec elle.
J’ai eu d’autres soucis : mon irresponsabilité et mes erreurs ont failli me faire perdre les deux personnes qui comptaient le plus pour moi à l’époque, ma femme et ma fille, moins d’un an après notre mariage. Ma famille de sang avait éclaté depuis longtemps, entre secrets et révélations sordides, et n’affichait qu’une unité de façade ; cette histoire me fera rompre les liens pendant quelques années. Carine, bien meilleure que moi, m’a pardonné — sûrement l’une de ses premières épreuves dans la foi — mais moi, j’ai mis longtemps à me pardonner.
En 2009, nous avons voulu offrir un meilleur cadre de vie à Marine : nous avons quitté la banlieue, ses dangers, ses tentations et sa tristesse, pour venir en Bretagne et reprendre un commerce, afin de nous épanouir en famille et de voir grandir Marine sans inquiétude. Nous essayions toujours d’avoir un enfant, sans succès ; le médecin de Carine affirmait que tout allait bien pour elle. Ma fierté m’empêchait d’aller consulter à mon tour : je me contentais de suppositions, et je désespérais de donner la vie. Quelques années plus tard, le dépôt de bilan est arrivé.
Et pourtant, une bonne nouvelle est venue — merci Seigneur. Après six ans d’essais infructueux, Dylan nous a été offert : Carine était persuadée que c’était une grâce ; moi, je me posais des questions. Notre enfant à tous les deux, que je pensais ne plus pouvoir avoir à cause de mes déficiences, est arrivé, et j’ai vu là une bénédiction.
En parallèle, la foi de ma femme grandissait et sa relation avec le Seigneur se développait ; et moi, je découvrais avec elle la Parole de Dieu. Son désir d’aller plus loin, et le soutien que je lui ai toujours apporté, m’ont conduit à l’encourager à rejoindre l’Église de Redon après avoir liquidé la boutique.
Dans Psaume 34.5, il est écrit : « J’ai cherché l’Éternel, et il m’a répondu, et m’a délivré de mes frayeurs. » Je crois que le Seigneur se servait de ma femme pour me conduire aussi vers lui, parce que mes questions devenaient de plus en plus fortes.
Ma décision aujourd’hui
En janvier 2013, après un nouvel encouragement, nous sommes allés à l’Église de Redon tous les quatre, et nous y avons été accueillis très chaleureusement. Nous y avons découvert la Parole du Seigneur, qui nous a fait beaucoup de bien alors que nous traversions de grandes difficultés financières. Nous avons reçu l’amour et la gentillesse de l’Église, et surtout nous avons vu combien Dieu est grand.
Dans Jacques 1.3-4, il est écrit : « Sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience… » Au fil des cultes, la Parole est entrée dans mon cœur et a fait son chemin. J’ai décidé de confier au Seigneur tout ce que j’avais : ma vie, ma femme, mes enfants, mes besoins, et là, Dieu a fait des miracles. Moi qui n’avais aucun moyen de locomotion et qui n’arrivais pas à trouver de travail depuis la liquidation, le Seigneur — loué soit-il — m’a donné un travail et un moyen d’y aller sans dépendre de ma femme. Depuis, il pourvoit à nos besoins, et nous ne cessons pas de le remercier, parce que nous recevons des bénédictions que nous ne méritons pas.
En juin 2013, Carine s’est fait baptiser. Pour moi, cela a été une confirmation : le besoin d’obéir à mon Sauveur devenait de plus en plus pressant. Je devais me faire baptiser.
Chaque matin, sur la route du travail, seul avec Jésus, je lui confiais ma peine, mes peurs, et aussi ma joie de pouvoir me réfugier en lui. J’arrivais les yeux en larmes — pas à cause de la vitesse, mais à cause de cette conscience du pécheur que j’étais, et de la certitude que Jésus, dans sa bonté, m’avait pardonné. Je croyais que mes péchés étaient jetés au fond des gouffres, et que le Seigneur me relevait comme un Père.
Alors j’ai pris ma décision : je veux me conformer à la volonté de Dieu et me faire baptiser. Mon espérance n’est pas une richesse matérielle ni une réussite ; c’est la promesse de la vie éternelle. Comme il est écrit dans Romains 8.23 : « Car nous avons été sauvés en espérance… », et cette promesse nourrit ma soif de la Parole.
Depuis cette décision, j’ai aussi eu ce besoin de demander pardon. Mon Sauveur m’a pardonné, mais je devais demander pardon à ceux à qui j’avais fait du mal. J’ai pu aller voir plusieurs personnes pour leur demander pardon pour mon comportement et mes actions ; je les ai remis à Dieu, afin qu’il puisse les bénir. Je voulais fermer la porte à la rancune, et apprendre à marcher dans l’amour.
Je sais que le chemin est encore long. Mais avec Jésus, je ne crains rien : il garde ma foi, et je veux m’en remettre à lui, en lui demandant une chose : qu’il fasse de moi l’instrument de sa volonté.
Comme il est écrit dans Romains 6.19, je ne veux plus offrir ma vie à l’impureté et à l’iniquité, mais à la justice, pour la sainteté. C’est pour cela que je veux que mes mains, qui ont frappé, soient désormais levées pour louer le Seigneur ; que ma bouche, qui a proféré des insultes racistes et des discours de haine, serve maintenant à annoncer la Parole de Dieu ; et que ma vie témoigne que Christ est ressuscité, vivant, et qu’il est là pour sauver.
Baptême en juillet 2013
